Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 00:00

1. L’eutrophisation, une pollution naturelle

2. L’eutrophisation, conséquence d’une pollution humaine

__________________

 

1. L’eutrophisation, une pollution naturelle

 

marais-poitevin- Le marais poitevin -

 

 L’eutrophisation est une forme singulière mais naturelle de pollution de certains écosystèmes aquatiques qui se produit lorsque le milieu reçoit trop de matières nutritives assimilables par les algues et que celles-ci prolifèrent. Les principaux nutriments à l’origine de ce phénomène sont le phosphore (contenu dans les phosphates) et l’azote (contenu dans l’ammonium, les nitrates, et les nitrites).

L’eutrophisation s’observe surtout dans les écosystèmes dont les eaux se renouvellent lentement et en particulier dans les lacs profonds.

Un lac reçoit en effet, de manière naturelle et continue, quantités de matières nutritives apportées par les torrents et les eaux de ruissellement. Stimulées par cet apport substantiel, certaines algues croissent et se multiplient de manière excessive. Cette croissance s’effectue dans les couches d’eaux superficielles car les végétaux ont besoin de lumière pour se développer. Ces algues en excès conduisent, lorsqu’elles se décomposent, à une augmentation de la charge naturelle de l’écosystème en matières organiques biodégradables.

Dans les profondeurs du lac, là où les algues mortes viennent se déposer, les bactéries aérobies qui s’en nourrissent prolifèrent à leur tour, consommant de plus en plus d’oxygène. Or en l’absence d’une circulation suffisante des eaux, ce qui est souvent le cas dans un lac profond, le fond du lac est peu oxygéné et les bactéries finissent par épuiser l’oxygène des couches d’eaux profondes. Elles ne peuvent plus dégrader toute la matière organique morte et celle-ci s’accumule dans les sédiments. On dit que le lac vieillit. Une telle situation, lorsqu’elle se produit, s’aggrave encore lorsqu’il fait chaud car la solubilité de l’oxygène dans l’eau (comme celle de tous les gaz) diminue lorsque la température augment.

Les régions littorales et les estuaires ne sont pas épargnés par l’eutrophisation car leurs eaux sont peu brassées et reçoivent beaucoup de rejets issus de l’activité humaine. C’est en particulier le cas de nombreux estuaires bretons.

Dans les cours d’eau rapides, en revanche, dont l’eau est en permanence renouvelée et mieux oxygénée et les algues constamment entraînées toujours plus loin par le courant, aucune accumulation n’est possible.

Ce processus naturel est très lent : il peut s’étaler sur des siècles ou des millénaires, et parfois sur de plus longues périodes encore. Mais l’eutrophisation peut être fortement accélérée par l’apport d’effluents domestiques, industriels et/ou agricoles et conduire à la mort de l’écosystème aquatique en quelques décennies voire même en quelques années. On parle alors d’hypereutrophisation ou encore de dystrophisation ( voir ci-dessous ). La dystrophisation est l'état extrême de l'eutrophisation, qui se traduit par la mort des organismes animaux et végétaux supérieurs.

 

2. L’eutrophisation, conséquence d’une pollution humaine

 

algues-vertes-2

- Les algues vertes de Bretagne -

 

Cette forme particulière de pollution est due à un apport excessif en nutriments et en matières organiques biodégradables issus de l’activité humaine. Elle s’observe surtout dans les milieux aquatiques dont les eaux sont peu renouvelées : les lacs principalement, mais aussi aujourd'hui les estuaires de certains grands fleuves comme la Tamise ou la Loire. Ces nutriments proviennent principalement des phosphates contenus dans les détergents ( lessives ) et les engrais, et des nitrates contenus dans les engrais azotés, mais aussi de l’ammoniac issu de la décomposition des effluents organiques par des bactéries aérobies.

L’eutrophisation due aux pollutions, encore appelée dystrophisation, ressemble beaucoup à l’eutrophisation naturelle. Mais elle est beaucoup plus rapide, car le milieu reçoit beaucoup plus de nutriments qu’en situation naturelle ainsi que des matières organiques biodégradables.

En milieu lacustre, la dystrophisation se manifeste de la manière suivante :

- les matières organiques biodégradables sont dégradées par les bactéries aérobies présentes dans le milieu. Mais parce qu’il consomme beaucoup d’oxygène, ce mécanisme provoque un premier appauvrissement en oxygène dissous ; 

- l'excès de nutriments, de son côté, entraîne une multiplication en surface du phytoplancton et de certaines plantes aquatiques qui en mourant augmentent encore les quantités de matières organiques biodégradables présentes dans le milieu. Les bactéries aérobies, qui vivent dans les profondeurs où se déposent ces matières organiques, prolifèrent et consomment progressivement tout l’oxygène des eaux profondes qui ne peuvent se ré-oxygéner en raison du faible brassage des eaux ;

- on observe alors une différence de plus en plus marquée entre les eaux proches de la surface, très oxygénées, et les eaux profondes, totalement désoxygénées et non éclairées, car la prolifération des algues en surface empêche toute pénétration de lumière. Dans ces profondeurs, la vie disparaît peu à peu : les espèces animales et les bactéries aérobies meurent asphyxiées. Au bout d’un certain temps, seules les bactéries anaérobies survivent dans ce milieu dépourvu d’oxygène : elles se multiplient et provoquent la fermentation de toute la matière organique accumulée, libérant des gaz nauséabonds ( hydrogène sulfuré : algues vertes bretonnes - et ammoniac) et du méthane.

____________________

Source :

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/ecosys/eutrophisat.html

Pour plus de détails, voir par exemple :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Eutrophisation

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre PETIT - dans POLLUTION & SANTE
commenter cet article

commentaires

clovis simard 09/01/2011 19:46


Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-3 et No-16, ACTIVITÉ HUMAINE ! LA MORTS DES OISEAUX ! IL Y A QUELQUE CHOSE EN COMMUN ?

Cordialement

Clovis Simard


Publications récentes d'igepac

aout-2011

    - Les eaux que nous buvons

    ( 1 - Généralités )

    ( 2 - La chimie de l'eau buvable )

 

    L'arnaque des tarifications

 ( abonnement & tarification progressive )

 

     

 

Rechercher Un Article Du Blog

Première visite

Le concept du blog 

" La politique de l'Eau a ses raisons
que la raison ne connaît pas
"
 

 

ensuite, rendez-vous à l'accueil

 

   petit-bb-pas-content-copie-1

Archives Du Forum

Les défits d'igepac

 
1/
 La fourniture de l’eau doit être un service public, sa gestion financière doit être faite par la collectivité
  
2/  L'eau des particuliers doit être différenciée de celle des activités professionnelles : suppression des parts fixes ( abonnements ) et en urgence celle de la partie assainissement.

3/  L'Agriculture polluante doit payer sa propre pollution, sinon  cette pollution doit être prise en charge par la collectivité nationale.
      

P. S. Qui N'a Rien À Voir, ...

Epandage : pollution évitable

Les Seigneurs parisiens