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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:09

 

 

sous-la-pluie-with-igepac.PNG

 La chimie est la science naturelle de la Nature, de notre corps. Globalement, peu ou mal enseignée, souvent crainte, elle reste étrangère à une très grande majorité de Terriens.

 

Lorsque la météo nous prévoit de la pluie, elle n’annonce pas pour autant la fin du monde. Éventuellement elle nous fait penser à prendre notre parapluie.

 

Les informations d’igepac sont individuellement aussi banales … mais il est vrai que les trombes d’eaux ne sont pas toujours agréables lorsque nous n’avons pas de parapluie …

 

 

Le chlore est utilisé pour rendre l’eau potable. Les trihalométhanes ( THM ) proviennent de la réaction du chlore sur la matière organique contenue dans l'eau du robinet et c'est d'ailleurs ainsi que le chlore tue les micro-organismes mais il peut(1) aussi attaquer certaines de nos cellules. Le chlore permet de détruire la plupart des microorganismes susceptibles de causer des maladies parfois mortelles. On peut être exposé aux THM en buvant de l’eau ou par contact de l’eau avec la peau dans la salle de bains mais surtout à la piscine où le contact est prolongé.

(1) Le Ministère canadien de la santé est affirmatif « les micro-organismes altère nos cellules »

 

trihalomethanes-brochure-canada.PNGSi en France la présence de trihalométhanes dans l’eau du robinet ne pose pas de question particulière, outre atlantique l’information de l’influence du comportement de ces molécules sur notre organisme n’est pas un tabou ( voir la brochure du Ministère de la Santé du Canada en document de cet article ).

 

Cet article fait suite à une documentation du Ministère de la Santé du Québec, et nous penserons à la déclaration de la Présidente d’un organisme qui pouvait paraître sérieux, le Cieau. Selon sa Présidente, en France, le traitement de l’eau avec du chlore est une obligation. ( Son manque d’information ne se limite pas au chlore, voir un article récent à ce propos, en cliquant ici. )

  

Le chlore dans l’eau du robinet n’est pas une obligation

  

Sa présence dans les réseaux de distribution est une garantie de moindre pollution biochimique ( bactéries, virus … ). Depuis un siècle et demi, en Europe, des centaines de milliers de personnes lui doivent la vie et en ce début siècle dans de nombreuses régions du globe, son absence fait encore de nombreuses victimes.

 

Il existe des collectivités qui n’utilisent pas de chlore pour traiter l’eau du robinet MAIS un traitement à l’ozone, par exemple, peut être utilisé dans un réseau propre. La facilité, le moindre coût et une relative sécurité font que l’absence de chlore fait exception.

  

Supprimer ce traitement serait comparable à supprimer la vaccination ou les antibiotiques. Mais nous devons prendre conscience que le surdosage ou l’utilisation abusive peut générer des problèmes inutiles voire néfastes à la santé de certains individus dont l’organisme accepte mal ou pas les substances provenant de la chloration de l’eau. Les organismes en formation des enfants sont à préserver en priorité mais la multitude des polluants dans notre vie quotidienne oblige « à limiter les dégâts » à tout âge.

  

  

De la chimie organique

très élémentaire

 

 

La chimie organique est une branche de la chimie qui étudie des substances organiques c’est-à-dire des composés chimiques dont le « squelette » est formé de molécules de carbone, et au final c’est la chimie du vivant. Et à côté de la chimie organique cohabite la chimie minérale, celle des minéraux et de leurs composés chimiques.

 

Le chlore est classé chimiquement comme étant un composé halogène, d’où le préfixe « halo » dans trihalométhane. CH4, le méthane est le composé le plus simple de la chimie organique, c’est le gaz que nos intestins fabriquent, petit frère du butane de quatre fois son aîné ( C4H10 ). Deux fois plus grand c’est du liquide, l’octane ( C8H18 ), le super, l’essence de nos voitures. Et plus ces chaînes carbonées augmentent plus la densité augmente. C’est ainsi que l’on passe du gaz de notre cuisine, au super des voitures, au fioul, aux huiles, aux graisses, aux goudrons … .

 

carbones-elementaires.PNG

 

Revenons aux trihalométhanes (THM)

 

La chloration de l’eau potable

 

L’eau puisée dans les lacs, les rivières et les nappes phréatiques contient naturellement des substances organiques provenant des végétaux et des êtres vivants ( gros ou microscopiques ). L’eau est le liquide commun du vivant et elle a déjà servit avant que l’Homme ne se l’approprie, elle n’est donc jamais pure. L’eau doit être débarrassée de ces substances organiques, c’est pourquoi on ajoute du chlore pour la purifier, la rendre potable. Avec le chlore, elles forment des composés chimiques appelées trihalométhanes (THM).

 

Les THM sont donc des sous-produits gazeux de la chloration, qui sont produits lorsqu’on ajoute du chlore à de l’eau qui contient de la matière organique naturelle.

 

Pour former un trihalométhane, la réaction la plus simple consiste à remplacer trois atomes d'hydrogène du méthane CH4 par trois atomes de chlore. On forme ainsi du chloroforme CHCl3 ( 2 atomes de Carbone, 1 atome d’Hydrogène et 3 atomes de Chlore ).

 

Le chloroforme est le principal THM retrouvé dans l’eau potable. C’est un gaz dont les molécules sont « prisonnières » de l’eau. Si la plupart vont s’évader, il va rester toujours un nombre plus ou moins important de molécules prisonnières, suivant des conditions physico-chimiques de leur environnement. D’un point de vue chimique c’est la solubilité spécifique du produit considéré qui va orchestrer un équilibre entre la cohabitation des différents composés.

 

Formation du chloroforme

à partir du méthane CH4 et du chlore Cl2

( HCl est l’acide chlorhydrique )

 

 

trihalométhanes

 

 

Voir en complément le chlore dans l'eau du robinet pages 14 et 15 du document igepac sur la chimie de l’eau :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/00/14/37/2011/Les-eaux-que-nous-buvons---2---La-chimie-de-l-eau-potable--.pdf /

 

REGLEMENTATION

 

En Europe, les pays comme l’Allemagne, la Suisse ou l’Autriche limitent le taux de THM dans l’eau pour les piscines couvertes. Les normes prescrites par la FINA (Fédération Internationale de Natation) limitent le taux de THM à 20 microgrammes/ litre. Au Canada, les concentrations dans l’eau potable sont limitées à « 0,1 milligramme par litre ou (100 µg/l ) d’après une moyenne annuelle de quatre tests par an à un point du système de distribution où les THM risquent d’être les plus élevés. Ces lignes directrices sont les mêmes que la norme pour les réseaux d’alimentation en eau du Manitoba, établie conformément à la Loi sur la qualité de l’eau potable. » ( texte dans la documentation de cet article ).

 

En France la limite de qualité est de 100 µg/l, c’est la valeur réglementaire à partir de laquelle des risques existent pour la santé du consommateur.

 

analyse-eau-trihalomethane-limite.PNG

 

Plus de précisions de la réglementation française

Source : Institut de Veille sanitaire (InVS)

 

L’introduction des THM dans la réglementation française date de 2003 et s’appuie sur la directive européenne de 1998 (directive 98/83/CE du Conseil du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine). Le décret 2001-12205 avait défini une limite de qualité transitoire pour la somme des quatre THM de 150 μg/l jusqu’à 2008, qui a depuis été abaissée à 100 μg/l.

 

L’arrêté du 11 janvier 2007 précise que « la valeur la plus faible possible inférieure à cette valeur doit être visée sans pour autant compromettre la désinfection. Par « total trihalométhanes », on entend la somme de : chloroforme, bromoforme, dibromochlorométhane et bromodichlorométhane.

 

Toutes les mesures appropriées doivent être prises pour réduire le plus possible la concentration de THM dans les eaux destinées à la consommation humaine, au cours de la période nécessaire pour se conformer à la limite de qualité".

 

La réglementation française impose au robinet du consommateur défini comme point de conformité ou point d’usage, un respect de la limite de qualité des THM, comme pour la plupart des autres polluants chimiques réglementés. Le choix des points de prélèvement pour mesurer les THM est à l’appréciation des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales sans précision particulière dans la réglementation.

 

En France, le programme de surveillance des THM se caractérise par :

- un point de prélèvement : au point de mise en distribution si l’eau subit un traitement au chlore, et au robinet du consommateur si la teneur en chlore libre mesurée dans le réseau est supérieure à 0,5 mg/L ou lorsqu’il existe un poste de rechloration ;

- une fréquence de prélèvement qui varie de une fois tous les 10 ans (population de moins de 50 habitants) à une fois par mois (population de plus de 300 000 habitants) pour chacun des points d’échantillonnage.

 

Tableau des fréquences ici / 

 

 

DOCUMENTATION

pour plus d'informations

 

1/ Par l'Institut de Veille sanitaire (InVS), les sous-produits de chloration dans l’eau destinée à la consommation humaine en France - Campagnes d’analyses dans quatre systèmes de distribution d’eau et modélisation de l’évolution des trihalométhanes.

Voir le rapport en pdf ici /

 

2/ L’évaluation des risques par l'Institut de Veille sanitaire (InVS),

en pdf, ici /

 

3/ En partenariat avec l'Institut de Veille sanitaire (InVS), le Laboratoire d'hydrologie de Nancy a établi à partir de sites pilotes un modèle d'évolution de ces sous-produits dans les réseaux d'eaux potables, afin d'améliorer la mesure de l'exposition des populations. Par ailleurs, l'Agence a rendu plusieurs avis relatifs à l'évaluation des risques sanitaires de sous-produits de désinfection (bromates, trihalométhanes et chlorites). En juin 2010, l’Afsset, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail à donné un avis de Relatif à « l’évaluation des risques sanitaires liés aux piscines » :

http://www.anses.fr/ET/DocumentsET/10_06_ED_Piscines_reglementees_Avis_correction_GLa_p10.pdf /

 

4/ Le site du Ministère canadien de la Santé à ce propos :

http://www.santeetenvironnement.ca/index.php?Categorie=Eau&SousCategorie=Trihalom%C3%A9thanes /

 

5/ La brochure du Ministère canadien, en pdf ici /

 

6/ La présence des trihalométhanes (THM) dans les sources d’approvisionnement en eau au Manitoba : ici /

 

 

 

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Published by Pierre PETIT - dans DOSSIERS & cahiers igepac
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commentaires

stan 13/12/2011 07:50

une belle étude ....

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