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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 08:54

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Par Emmanuel Poilane Directeur de France Libertés

 

Dans quelle Europe les jeunes d’aujourd’hui vont-ils devenir adultes, grandir, et s’accomplir ?

 

L’impression est persistante d’un mur qui se rapproche de nous à toute vitesse, comme le parachutiste qui a oublié son sac, et qui, tout au long de sa chute se rassure en disant, jusque là tout va bien. Nous savons ce dont " nous rêvions " au sortir de la guerre après tous les efforts de la Résistance. L’Europe économique n’est pas et n’a jamais été un but en soi, elle n’avait pas vocation à devenir un idéal parfait et intouchable, c’est avant tout une évolution, une révolution au service des peuples, un outil, titanesque et formidable, mais d’abord un outil. Et comme tous les outils, mis dans de mauvaises mains, il peut déclencher le pire.

 

Au moment où la Grèce, l’Espagne et le Portugal sont potentiellement condamnés à un abîme économique lent et douloureux, au moment où les économistes annoncent une crise structurelle qui n’aura rien à voir avec les précédentes, au moment où un jeune norvégien choisit d’abattre une soixantaine de ses compatriotes pour faire la promotion d’un manuscrit d’extrême droite, je ne peux que m’interroger.

 

La semaine dernière en Europe, des jeunes sont morts pour avoir choisi de s’engager en Politique, pour avoir choisi de travailler à la construction de la société dont ils rêvent. Ils sont morts pour leurs idées, morts d’être engagés pour une Europe sociale alors que l’extrême droite se renforce. Je ne peux m’empêcher d’avoir une impression de déjà-vu.

 

Aujourd’hui, la Grèce est le pays qui teste pour nous tous la mondialisation vue par le FMI et par les grands argentiers de la planète. Elle doit tout sacrifier, tous les éléments de son progrès social, de son éducation, de son système de santé, du pouvoir d’achat de ses habitants. Tout cela pour recevoir le bon point accordé sans garantie par un système qui est entrain de s’effondrer.

 

Et pendant ce temps, alors que la crise économique ne fait que commencer, nous oublions sous prétexte de rentabilité et de rendement financier que la crise écologique aura des conséquences dramatiques sur le climat et sur nos modes de vie à moyen terme. Nous oublions aussi que la crise sociale et politique de l’Europe s’aggrave entrainant lassitude, peur et fatalisme. Tout cela justement parce que l’Union entre les peuples de la planète n’a pu être trouvée.

 

L’Europe abandonne ses membres aux financiers, aux banques privées dites systémiques pour les plus grandes, donc susceptibles de faire tomber notre système tout entier et aux multinationales qui, comme Apple, ont plus de trésorerie que le gouvernement américain. La situation a le mérite d’être claire.

 

La réaction de l’ensemble des peuples ne devra pas tarder. Certains en Europe nous le montre déjà : les Italiens qui ont voté contre le référendum en 3 thèmes (Eau, Energie, Immunité) de Sylvio Berlusconi, les Indignés espagnols qui ont obtenu leurs élections, l’Islande qui voit étrangement sa note remonter parce qu’elle a déjà annoncé qu’elle ne céderait pas aux sirènes des marchés. Il est désormais impératif de trouver ensemble la voie d’une révolution citoyenne.

 

L’argent est le cœur de notre effondrement. La monnaie telle que nous la pratiquons en ce moment nous tue à petit feu car nous nous mettons à genoux devant les marchés, les agences de notations et les taux d’intérêts.

L’euro est un outil, et, aujourd’hui cet outil est utilisé contre le bien des peuples et parfois même ridiculement contre l’intérêt des nations qui défendent le système. La crise que traverse l’Europe ne saurait être stoppée, elle est systémique, inhérente au fonctionnement de l’Union. Nous devons donc nous poser les bonnes questions : où va l’Europe ? Dans quel couloir de banque va-t-elle se perdre ?

 

Au moment où tous commencent à parler de la mort de l’euro, de l’éjection des pays défaillants qui ne satisfont pas des agences qui avaient pourtant, elles, oublié de prédire la crise des subprimes, combien de temps allons-nous laisser la seule accumulation des profits privés nous guider ? Combien de temps allons-nous laisser le capitalisme néolibéral abîmer notre humanité ?

 

Il y a évidemment un lien entre la montée des extrêmes et le fonctionnement économique global. Quand les institutions et les décideurs oublient les peuples qu’ils sont censés représenter, ce sont nos démocraties qui chancellent.

 

Aujourd’hui, nous pouvons poser les bases d’un nouveau système. L’Europe dont je rêve est une Europe hautement politique, l’Europe que je désire prend soin de ses peuples et s’intéresse aux peuples de la planète. Elle pose des limites strictes aux marchés pour que l’économie retrouve la voie du réel et non du spéculatif, elle organise la société pour éviter que tous dépendent d’agences privées américaines, elle refuse la soi disant universalité du système marchand.

 

L’Europe que je souhaite mène une politique des Biens Communs, où chaque être humain a droit à l’indispensable à la vie. L’Europe que je veux pour mes enfants en 2050 n’a plus les mêmes valeurs, elle n’a pas pour intention de sacrifier la masse des plus pauvres à des chiffres pour les quelques plus riches.

 

Les attentats d’Oslo ont eu une conséquence : ils ont laissé entrapercevoir à quel point la haine de l’autre et la violence ont pris de la place dans nos communautés ou les injustices sont de plus en plus flagrantes.

 

Les Norvégiens souhaitent y répondre en continuant leur travail de justice sociale et d’égalité avec l’espoir que la folie meurtrière perpétrée par cet extrémiste conservateur chrétien participe à plus de paix et de liberté.

Suivons leur exemple. Ce monde plus humaniste est possible si nous le voulons vraiment.

 

Oublions le repli sur nous-mêmes pour notre petit confort, oublions la lutte contre l’immigration et retrouvons les vertus de l’accueil, oublions la répression et construisons plus de justice sociale, redonnons de la place à nos jeunes et à nos anciens.

La jeunesse d’aujourd’hui a cette destinée dans ses mains et nous devons l’aider à apporter les réponses que nos ainés portaient à la sortie de la dernière guerre mondiale et que nous avons oubliées.

 

 

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Published by Pierre PETIT - dans Société
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