Une conception citoyenne de la gestion de l'eau potable. Blog géré par Pierre Petit
L’eau des villes et l’eau des champs
en Bourgogne
Comparaison du prix du m3 en fonction de la consommation
( avec assainissement )
A la campagne où l’eau coule en abondance, cet accès à l’eau potable peut devenir inaccessible : à Créancey les parts fixes s'élèvent à 213 €. Aucune ville de France n’admettrait de tels montants de parts fixes ! Soulignons que ce montant est loin d’être négligeable en ville.
Prenons par exemple, la ville de Beaune. Avec un montant d’abonnement limité à 44 €, on constate que pour une consommation de 30 m3, le m3 est facturé à 4,56 € alors qu’un hôtelier le payera 3,10 €. L’injustice est moins importante donc moins choquante ( une surfacturation seulement de 50% pour le moins pollueur - par rapport au plus pollueur ! ).
Mâcon, chef lieu du département de Saône et Loire, a un prix de l'eau un peu trop élevé, comparé aux villes bourguignonnes. Une dizaine d'élus, ce n'est pas la majorité mais c'est déjà bien, proposent un retour à une vrai gestion publique pour " un prix de l'eau unique, pour tous les usagers d'un même territoire - communes avoisinantes " ( le magazine de la ville de février 2009 ). Pour cette ville, les parts fixes sont élevées ( 64 € ) et donc très pénalisantes pour les faibles consommations.
Dijon, avec un montant de parts fixes d'une douzaine d'euros est sur la bonne voie depuis longtemps, mais fait moins bien que Longvic ( 9500 habitants ) qui a totalement supprimé les parts fixes.
L’eau est plus chère pour les villages qui sont obligés de sous-traiter la gestion de l’eau. La longueur importante
des réseaux et le faible nombre d’habitants d’un village sont des justifications de prix élevés ; vrai dans une certaine mesure, sauf pour les activités professionnelles !
Bien que le nombre de communes soit ici volontairement limité pour plus de lisibilité, le graphique ci-dessous justifie l'existence des parts fixes par un prix de vente local quasi-unique aux professionnels, à la ville comme à la campagne. Et nos élus voudraient nous faire croire que ce n'est qu'une malencontreuse conséquence, indépendante de leur volonté.
Jusqu'à preuve du contraire, le maintien de parts fixes sert à niveler le prix de vente aux professionnels gros consommateurs ( prix de vente toujours en dessous du coût de production ).
Sources du graphique ci-dessus : IGEPAC - UFC21.
Question d'IGEPAC :
Pourquoi le consommateur d’eau potable doit-il soutenir le marché économique local et national ( agriculture ) ?